J'écoute : Enfants du destin (Médine)
Je regarde : Kippour (Gitai)
Je lis : The Mitzvah (Aaron Zelman)
Je joue : au chat et à la souris
Je mange : 5 furies et légumes par jour
Je bois : de la bière et du thé
Je cite : Ernst Jünger
Je pense : à m'acheter un nouveau carnet.
Je rêve : pas. Jamais.
(mis à jour mardi 26 février 2008 à 10:24)

14/02/2008

14/02/08 - 14:43

Futurisme

Hans conduisait la machine. Helmuth occupait le side-car. Ils avaient retroussé les manches de leur courte vareuse verte et ouvert grand leur col. Hans, les bras écartés, pesait sur le guidon et s'amusait à faire rouler ses muscles. Il portait une mitraillette en sautoir. Il riait et, malgré la vitesse, gobait la chaleur entre ses dents. On traversait tellement d'agglomérations qu'il avait conservé son casque pour faire vieux. Helmuth, à ses côtés, semblait aller moins vite. Mais c'était, comme bien on pense, un effet d'optique, dû, pour une grande part, à l'attitude du jeune homme. Dédaigneux, des profondeurs de la nacelle, il se tenait assis sur le rebord arrière, une jambe pendante, l'autre repliée sous le menton. N'eussent été les deux grenades à manche fichées dans ses bottes, qu'on l'eût pris pour quelqu'écuyer romantique. Le vent de la course, cependant, partageait ses cheveux en volutes trop brèves et trop aigu semblait le masque de son visage enfoui au creux de sa main, pour qu'il n'évoquât point plutôt un sujet d'Arno Breker. Oui, ainsi posé, le coude sur le genoux, apparemment plongé dans un souci sublime, il incarnait au mieux ce personnage du Panzer de Rodin qui allait devenir, sous une forme ou sous une autre, le parangon mythifié de l'esthétique européenne.

(Antoine Blondin)

commentaires

14/02/08 - 16:29

Bienvenue !

14/02/08 - 16:44

Merci beaucoup !

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